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Periberry

Ethnologie, Berry, Périgord, Auvergne, Bergerac, Dordogne, Loire, tradition orale, mémoire paysanne, recherche sur le paysage, randonnées pédestres en Auvergne et Pyrénées, contes et légendes, Histoire.

Des gariottes témoins d'une architecture en péril

La photo ci-dessous a été prise sur un plateau du Périgord aux limites des communes de Pontours, de Badefols-sur-Dordogne et de Molière qui domine la vallée de la Dordogne. Nous sommes ici sur des pentes calcaires reconquises par la forêt. Le plateau sur la rive gauche de la rivière est coupé par des vallées sèches perpendiculaires, descendant vers la vallée de la Dordogne. Ce sont les combes. Les pentes de ces combes sont toutes occupées par les vestiges résiduels des murets de pierres sèches et des gariottes. Une bonne trentaine de cabanes ont été recensées. Il y a trois types de cabanes de pierre. Le premier est une cabane ronde, structurée, pouvant accueillir plusieurs personnes se tenant en positions assises à l'intérieur (exemple de la cabane photographiée). Le second type, ce sont des cabanes plus petites, simples refuges coupe-vent aménagés dans l'épaisseur des murets. Le troisième type ce sont des cabanes rectangulaires ayant l'aspect d'une maisonnette à une seule pièce dont un pignon supporte une cheminée. Ces cabanes-là sont à l'écart des pentes, sur des replats, ce qui tend à indiquer qu'elles ont pu être des logements pastoraux temporaires ou saisonniers.


 

 


Globalement le paysage est un aménagement de terrasses de culture de versants avec murs de soutènement en pierres sèches. Les cabanes refuges intégrées dans les murs se retrouvent le long d'anciennes parcelles en vigne, en général ces murs donnent sur les crètes. On peut ainsi considérer qu'il s'agit d'une variante des cabanes de vigne, refuges contre le vent du nord ou contre les vents humides de l'Océan.
Les grandes cabanes rondes sont à mettre en relation avec des activités agraires plus larges et notamment celles de la culture du sègle, du blé noir et celle du pastoralisme, actif sur les versants des combes au XIXè siècle et au début du XXè siècle. Ce pastoralisme (moutons essentiellement) mais aussi cochons et dindes, a été un complément de l'activité des métayers sur ces zones calcaires pauvres.
Les gariottes sont ce que Michel Raimbault et Chantal Rouchouse,
spécialistes de l'architecture vernaculaire provençale, appellent "l'architecture de nécessité". Celle-ci est menacée par la reconquête forestière, l'abandon des pentes,  les effets des intempéris.

Je recherche des témoignages directs sur l'usage des gariottes dans le Périgord. A-t-on des exemple de gariottes qui furent des habitats durables ?

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