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Periberry

Ethnologie, Berry, Périgord, Auvergne, Bergerac, Dordogne, Loire, tradition orale, mémoire paysanne, recherche sur le paysage, randonnées pédestres en Auvergne et Pyrénées, contes et légendes, Histoire.

Dans le haut-Périgord jadis le pays du seigle

 Dans les gorges de l'Auvézère.- Dans les Gorges de l’Auvézère en Dordogne les  bâtiments rénovés de la papeterie de Vaux témoignent de cette activité industrieuse qui a marqué cette région dite du « Haut-Périgord » dans la seconde moitié du XIXè siècle siècle et la première moitié du XXè. On n’est pas très loin de la forge de Savignac-Laidrier témoin très typique de l’activité des forges dans ces cantons. C’est à quelques encablures sur l’Auvézère et sur son affluent le ruisseau de Belles Dames que se dressent ces immenses vaisseaux oubliés et réhabilités ces dernières années comme témoin d’une activité. J’ai souvenir d’un grand-oncle naît à Saint-Yrieix-la-Perche d’une famille nombreuse, qui s’était embauché un peu avant la guerre de 1914 comme commis à la forge de Savignac. Il s’y rendait à pied, la besace pour tout viatique, dormant dans la cambuse réservée aux commis à quelques pas de la halle au charbon, sous la falaise portant, fier, le château des Combescot les maîtres de forges. Cet oncle bavard ne manquait d’évoquer la dureté du travail, la rareté des loisirs, la maigreur de la paye, la rusticité de la pitance et la pauvre vie d’alors des manouvriers et autre ouvriers des forges.


Pauvreté et dureté que l’on retrouve à moins d’une lieue à Malherbeaux et à Vaux. A Malherbeaux (le site aujourd’hui privé ne se visite pas) on fabriquait directement la pâte à papier. Transporté en charrettes tirées par des bœufs de race salers jusqu’à Vaux, là était la papeterie où la pâte était transformée.

Cette papeterie de Vaux a pris place à la fin du XIXè en lieu et place d’une forge. On y fabriquait le papier d’emballage pour la boucherie, la charcuterie, les bananes de Madagascar, les pointes et clous de quincailliers, etc. Papier issu d’une pâte végétale produite à partir de la paille de seigle. Nous sommes ici dans les terroirs pauvres du Périgord cristallin adossé au Massif Central. Les hauts plateaux de ce pays des confins aux carrefours du Périgord, de la Corrèze et de la Haute-Vienne n’ont alors qu’une agriculture pauvre de petits pâturages et de parcellaires étroits sur les pentes. On y cultive le seigle et le sarazin. Céréales à récolte tardive, dernières récoltes de fin d’été. Le seigle avait ici sa double fonction et double promesse de récolte. Le grain pour les bêtes ou pour produire un pain gris et la paille pour le couvert des toitures des granges ovalaires ou pour la pâte de Malherbeaux et le papier de Vaux.

Autour des grandes toitures de Vaux dressées dans les gorges de l’Auvézère et dans les hameaux des collines s’étend ce terroir de forêts, d’emblavures étroites et de fermes aux granges ovalaires souvent aujourd'hui recouvertes par des tolles métalliques, un provisoire qui dure... C’était donc bien le pays du seigle.

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