Mots perdus de la vallée de la Dordogne... suite des C...

par Bernard Stéphan  -  2 Octobre 2012, 08:16  -  #traditions orales

De Clou à... Cornières

 

Clou ou clos (n.m .).- du latin claudere (fermer). Champ clos, prairie close par des haies. Le lieut-dit le Petit Clou.

Clouque (n.f.).- De l’occitan (Lanquedocien) clouca ou clouco. Poule en couvaison. Par extension une poule et une mère poule.  Et par extension encore, terme très péjoratif pour désigner une mère possessive.

Clouquée (n.f.).- Une couvée.

Clumer (v.).- bordeluche (argot bordelais). Jouer à cache-cache. « On clume ! criait un élève dans la cour et tous partaient se cacher, qui dans la remise à bois, qui dans le réduit des lavabos, qui sous l’escalier, qui derrière le parterre de dahlias… »

Cluzeau (n.m.).- Probablement du latin médiéval clusa (défilé, gorge, excavation naturelle dans le sol). Caverne naturelle dans les falaises des vallées du Céou, de la Couze ou de la Dordogne. Refuges utilisés comme abri, caches, lieux de vie, à toutes les époques depuis la préhistoire jusqu’à la période des maquis du XXè siècle. Les cluzeaux ont souvent été des habitats troglodytes. 

« Les deux cluzeaux de falaise de la Frégère, route de Varenne, celui de Saint-Front près de la chapelle et le souterrain-refuge de la Combe permettaient à la fois de se cacher et d’observer la navigation sur la rivière Dordogne. » J.J.Chassaigne dans Deux paroisses, une commune, Couze-Saint-Front

 

Croze est un mot synonyme de cluzeau.

 Codres (n.f.).- Du latin coldra. Jeunes châtaigniers suffisamment venus pour être coupés et transformés en carassonnes (voir ce mot) ou en lattes. Le mot Gascon codro désigne le cercle de bois pour les futailles.

Coffin (n.m.).- Du latin cophinus (panier). Gaine pour ranger la pierre à aiguiser. Les coffins se portaient à la ceinture au bas du dos. Ils étaient diversement fabriqués, en corne de vache, en fer blanc ou d’un rondin de bois évidé. Le fond du coffin contenait de l’eau, la pierre pour plus d’efficacité devait toujours être humide. En Quercy on connaît l’objet sous le nom de coudier.   

Collation (n.f.).- Du latin médiéval collation (repas léger). Casse-croûte de l'après-midi, essentiellement en été. Il se prenait après la sieste et souvent avant la reprise des grands travaux, pendant la période chaude. Au plus chaud de l'été, il était constitué du trempe ou trempil. Bol de vin frais coupé d'eau sucrée, dans lequel on trempait des tranches de pain.

Contaïre ou countaïré ou countaïro (n.m.).- De l’occitan (Périgord) coutaïro. Un conteur. Un racontaïre est un colporteur de ragots ou une personne médisante. 

Combo ou cambo ou combojou ou cambojou ou cambajou (n.m.).- De l’occitan (Languedocien) cambajou et aussi du mot occitan cambo (jambe).  Le jambon que l’on fabrique à la maison. La formule combojou ou cambojou est davantage employée autour de Monpazier et dans le Haut-Agenais.

Combe (n.f.).- Du gaulois cumba. Vallée étroite et sèche. Les combes sont souvent cultivées en raison de leur sol riche en humus apporté par les eaux des ruisseaux de combes qui ne coulent qu’en hiver ou à la fin de l’automne.

Comporte (n.f.).- De l’occitan (Languedocien) comporta. Probablement du latin comportare (porter ensemble).  Grand baquet de bois, rond, en douelles, servant à transporter les raisins de la vendange. Le baquet est traversé dans sa partie supérieure d’une longue et solide latte de bois. Son transport nécessite les bras de deux costauds, chacun soulevant le récipient à chacune des extrémités de la latte. La comporte a toujours été utilisée dans les vignes des hameaux des coteaux de Lalinde. Je n’ai jamais connu l’usage de la hotte. C’était donc dans la comporte que les vendangeurs versaient la vendange qui était transportée jusqu’à la tine (voir ce mot) en bout de vigne. La comporte a été aussi en usage dans les vignobles de Bergerac. Un de ces objets est exposé dans le petit musée des outils vernaculaires présentés dans le château de Monbazillac.

Coquinerie (n.f.).- Du latin médiéval coquinus avec évolution du sens au XVIè siècle vers espiègle.  Friponnerie. 

Corner (v.).- Du latin corna (corne), par analogie instrument sonore ayant la forme d’une corne.  Faire entendre le son d’une corne. Par extension klaxonner. Dans une autre acception c’est appeler les chiens. 

 « (…) il désarmait son fusil, cornait ses chiens et s’en retournait à Puygolfier, où il ne faisait pas bon autour de lui ce jour-là. » (Eugène Le Roy dans Le Moulin du Frau).

Cornières (n.f.pl.).- Du latin médiéval cornarium (coin, angle). Passage couvert ouvert par des arcades le long de la place centrale des bastides du Périgord et de Gascogne. Il n’y a pas de cornières à Lalinde. Quelques maisons à cornières ont subsisté à Beaumont-du-Périgord et à Molières (photo B.S. ci-dessous), le plus bel ensemble de cornières est à Monpazier. Dans son livre La Linde de la préhistoire à la Bastide (éditions Les Pesqueyroux, 2007), Jean Couleaud indique qu’il n’y a jamais eu de couverts autour de la place carrée de la bastide de Lalinde. Ce qui en fait une originale exception.

Nouveaux-docu. 5275