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Periberry

Ethnologie, Berry, Périgord, Auvergne, Bergerac, Dordogne, Loire, tradition orale, mémoire paysanne, recherche sur le paysage, randonnées pédestres en Auvergne et Pyrénées, contes et légendes, Histoire.

Dans les jasseries du Livradois-Forez

Les migrants des hautes chaumes.- J'ai fait une récente escapade dans les monts du Forez. Pour y  découvrir ce vieil usage renaissant des fermes d'en-haut. Le paysage est marqué par les fameuses hautes chaumes. C’était au milieu de l’automne. Les bosquets de sorbier des oiseleurs étaient rouges de

leurs baies, pour séduire les grives. Ici le vent coule à pleines goulées… On est dans les terres d’en haut. Quelques grandes bâtisses, en général aux toits pentus couverts de chaumes, sont autant de balises de ce monde là. Ce sont les jasseries.Fermes d’en haut, halte des transhumances estivales, elles furent longtemps l’exutoire d’un monde paysan à la très forte démographie. Jusqu’au début du XXe siècle quand venait la Saint-Jean, ceux des fermes d’en bas, avec troupeaux de bovins, mais aussi chiens, volailles, cochons, charrettes, prenaient les sentes pour migrer vers les fermes d’en-haut.


Pendant quatre mois vivraient
là femmes et enfants, quelquefois les g
rands-parents. Pendant ce temps, les hommes feraient tourner la ferme d’en-bas.Ils montaient le dimanche, portant le pain, un  peu de sucre et les nouvelles. Ils redescendaient avec le beurre d’estive, juste baratté, enveloppé dans des feuilles de choux, à la fraîche du matin, pour le vendre sur les marchés d’ Ambert, de Saint-Anthème ou de Thiers.

On a failli perdre l’âme de ce paysage, jusqu’à son souvenir. Avec les hémorragies des deux grandes guerres, l’estive s’est oubliée, les  jasseries fermées et, comme partout, les jeunes ont fui la haute vallée de l’Ance ou les petites fermes de la Dore.


La création du Parc Naturel Régional Livradois-Forez, en 1986, a finalement participé à un renouveau.

Cet exemple me conduit à poser des questions sur ces usages des fermes d’en-haut et des fermes d’en-bas. Il est ici particulièrement formalisé avec ses rituels et cette migration des femmes, des enfants et de la dernière génération dans l’estive. J’avais rencontré un village typique d'un usage similiare de migrations agro-pastorales dans les Pyrénées avec les fameuses fermes de Moudang, mais je ne sais pas si les familles migraient dans leur totalité ou seulement en partie.

Contrairement à une première approche il ne semble pas que la vie à l’estive était facile. Elle était en effet soumise à des aléas climatiques rudes, à un travail de force et à un isolement qui renvoyait chaque famille à une très grande solitude.

Il serait intéressant ici de faire partager quelques témoignages sur ces vies éclatées.

 

 

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