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Periberry

Ethnologie, Berry, Périgord, Auvergne, Bergerac, Dordogne, Loire, tradition orale, mémoire paysanne, recherche sur le paysage, randonnées pédestres en Auvergne et Pyrénées, contes et légendes, Histoire.

Dans le Sancy jadis les fermes d'en-haut

 

Estives d'Auvergne.-  réactualisé en juin 2012 Burons ici, tras là, c’était les fermes d’en haut dans les estives du massif du Sancy en Auvergne. Aujourd’hui peu d’entre elles subsistent, nombre de murs écroulés et de corrals mangés de rouillent témoignent. Le pâturage d’altitude est rarement  sans ses chaos de pierres, témoins d’un mur écroulé. On aura longtemps dans la « montagne » des Dore une exploitation agro-pastorale de l’altitude par les troupeaux transhumants qui viennent souvent de la plaine. A l’instar de ces troupeaux remontés de la Limagne. Les burons ont été durablement l’habitat pastoral de ces zones d’estive qui souvent on remplacé des bâtisses plus anciennes, les tras, (appelés trat, fogal ou mazuc, sur l'estive du Cantal) qui étaient recouverts de toitures végétales (genets, roseaux, joncs ou branches de conifères) à contrario du buron recouvert de pierres plates ou lauzes. Les tras anciens des Monts Dore étaient à l’origine des bâtisses de pierres sèches sous toitures à quatre pans, recouvertes de végétation. On observent de nombreuses fondations d'anciens tras dans des pâturages du plateau du Cézalier, près du village de La Godivelle.  L’usage veut qu’il existe une architecture typique du buron avec, sous le toit, sa pièce de vie, suffisamment vaste pour contenir dans une partie le foin sec de réserve. De plein pied ouvrant au nord  sur l’estive, la chambre du fromage où les buronniers oeuvraient au quotidien. En  sous-sols une cave fraîche, elle aussi tournée vers le nord, chambre d’affinage.

DSCN1830 Photo: sur le plateau du Guéry dans les Monts Dore, un coral, témoin de l'activité estivale.


A l’instar des jasseries du Forez , le buron devait être construit à proximité d’une source ou d’un ruisseau. Il s’agit ici comme dans beaucoup d’estives et notamment celles de l’Aubrac, mais on retrouve le même usage dans les Pyrénées et dans certains terroirs Alpins, de « fermes » d’altitude qui correspondent à des fermes de vallées et qui en étaient le double estival. Il faut dire qu’il y a ici dans la tradition agraire une « souveraineté de l’herbe » qui s’observe tant en basse altitude que sur l’estive dans le massif. Les troupeaux étaient essentiellement des bovins en lait. Et si, sur le Cézallier, on trouvait d’abord la salers rattachant ces hauts plateaux à la géographie du Cantal proche, dans les monts Dore c’est la race ferrandaise qui dominait. Elle avait une double fonction de laitière mais aussi de vache de trait. L’environnement du buron ménageait souvent un corral empirique, enclos de murets de pierres sèches pour parquer quelques bêtes et cerner un espace domestique. Lorsque le buron était une grande ferme d’altitude il comportait plusieurs bâtiments secondaires, souvent accolés, ainsi le védalat (espace d’élevage des veaux) et on  trouve même sur le Cézallier des burons avec porcherie. Cette race ferrandaise a failli péricliter et disparaître et grâce à la passion de quelques éleveurs elle a été relancée depuis une douzaine d'années.

Tardivement, dans l’entre-deux-guerres, on a construit des fermes, véritables implantations d’altitude avec la maison de vie, les corrals, les porcheries, les granges, la fromagerie et la cave à affinage. A l'instar de la ferme du Puy May sur le plateau du Guéry dont il ne reste aujourd'hui que quelques murets écroulés et des gongs rouillés. De même le buron dressé jadis sous le dôme du Tenon , en lisière de la hêtraie, a perdu sa fonction pastorale, il a fini par tomber, emporté par le temps et les vents, quelques pierres des murs d'antan pour mémoire.

Ces plateaux ont également été occupés par des activités qui sont aujourd'hui des souvenirs. Un des plus beaux exemples est celui de l'ancienne base de vol à voile  au pied du Puy Loup,  sur le plateau du Guéry, au pied du versant sud de la Banne d’Ordanche. Il s’agissait d’une base moderne avec grande maison de vie pour  les stagiaires, dépendances,  enclos, hangar pour les avions et station météo. Ne répondant plus aux formes modernes de l'activité, imposant aux stagiaires la vie rude du plateau, la base du Puy Loup a été abandonnée au lendemain de la seconde guerre mondiale. Les bâtiments voués aux vents, aux intempéries, sont aujourd’hui de vieilles  carcasses, vaisseaux échoués, mangés par le temps. 


IMG 6458 Photo: ruines du bâtiment de commandement de la base de vol à voile du Puy Loup sur le plateau du Guéry.


Cette archéologie des estives renvoie non pas à l’abandon du pâturage mais à une déprise humaine, au profit des substituts mécaniques, clôtures électriques, barrières, visites motorisées, etc. L’homme s’éloigne de sa montagne, il la surveille épisodiquement, le temps de la vie estivale des fermes d’en haut est bien fini. 

 

 

Renaissance de la transhumance en Auvergne.- L'événement risque est d'abord touristique. Mais il peur ouvrir la voie à d'autres troupeaux et participer ainsi à une renaissance des estives en Auvergne. L'exemple est donné en jce mois de juin avec le retour de moutons sur les estives du Lioran dans le Cantal. Un troupeau de sept cents moutons venus des zones sèches du Lot qui a pris la drailhe et les chemins entre le 3  et le 17 juin 2012. Troupeau, chiens, bergers et logistiques, jour après jour montent ainsi à l'estive. Un long parcours, cinq étapes dans le Lot, dix dans le Cantal, avant de rejoindre les quartiers d'été. Et l'arrivée sera fêtée par 5000 personnes pour ces retrouvailles en altitude. Deux bergers garderont les bêtes tout l'été pour une redescente prévue à partir du 15 septembre.                              

 

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