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Echourgnac

par Bernard Stéphan 8 Novembre 2019, 10:33 recherches sur le paysage

L'église du village d'Echourgnac reste une construction très marquée par le style du XIXe siècle. (Ph.BS)

Villages d'Oc/ Mots d'Oc.- Nous poursuivons notre incursion dans la Double, cette vaste forêt ponctuée de nombreux étangs à l'ouest du département de la Dordogne. Aujourd'hui nous sommes au cœur du pays Doublaud à Echourgnac. C'est aussi le village emblématique du dernier roman d'Eugène Le Roy L'Ennemi de la Mort qui met en scène le combat d'un médecin de campagne pour venir à bout des fièvres paludéennes, maladie récurrente apportée par l'humidité du milieu naturel. Au rang du patrimoine l'église Notre-Dame de l'Assomption est une construction du XIXe siècle.

La ferme du Parcot est aujourd'hui un éco-musée de la paysannerie de la Double. (Ph.BS)

Sur la commune un site important est consacré à l'architecture paysanne, il s'agit de la ferme du Parcot qui est un écomusée paysan qui présente une ferme doubleaude dans son jus. Le toponyme Parcot lui-même renvoie au mot occitan parcot pour petit parc au sens probable de parc à mouton ou de clairière dans la forêt. La ferme est structurée autour de trois édifices et cinq lieux : la maison d'habitation, la grange-bergerie, le four à pain, l'étang et le potager.

Le balet est cette galerie qui prolonge la maison vers le sud et offre un espace de vie presque en plein air. (Ph. BS)

La maison s'ouvre sur la cour et vers le sud avec un élément de l'architecture traditionnelle doubleaude , le balet ou bolè en occitan (prolongement du toit formant galerie et véranda), l'aiguière (de l'occitan aygiera), la pierre de l'évier. A l'intérieur celui-ci présente un objet typique, la couade (de l'occitan couada ou cassote) qui est un godet munis d'un long manche creux pour prélever l'eau et la faire couler tel un robinet. L'ensemble est meublé, de même de nombreux outils agraires sont présentés dans la grange et dans la cour.

La maison ouvre côté nord vers le potager. (Ph.BS)

Autre lieu emblématique sur la commune, l'abbaye de la Trappe de Bonne Espérance. Ce monastère de moniales cisterciennes-trappistes fonctionne selon la règle de Saint-Benoit.

L'abbaye de la Trappe de Bonne Espérance domine une clairière de la forêt de la Double du Périgord. (Ph. BS)

C'est une abbaye relativement récente puisque construite en 1868. C'était alors par vocation de salubrité publique puisque le projet social de l'abbaye a été de drainer le domaine agricole alentours et de l'assainir, de faire école pour la Double et d'acheter le lait produit par les petits paysans pauvres.

L'abbaye est très active, entre prières, production de fromages, accueil d'hôtes et de retraitants, elle est occupée par une trentaine de moniales. L'église récemment rénovée est d'une très grand sobriété et d'un dépouillement très cistercien.

Le dépouillement très cistercien de l'église récemment rénovée. (Ph.BS)

Sur la commune plusieurs lieudits ont des toponymes à racines occitanes. Exemples : Les Cimades (de l'occitan cimado pour cime, sommet, partie haute), Le Baillarjoux (de l'occitan baillarge pour champ d'orge.), Grand Bournat (l'occitan bournat désigne la ruche ou l'essaim d'abeilles), La Croue (crous en languedocien, croue en limousin pour croix, calvaire), Claud Barras ( de clau pour clôture ou clé et du verbe barrar pour fermer).

L'étymologie d'Échourgnac renvoie au patronyme gallo-romain Scorinius, ce serait donc le domaine de Scorinius. Dans sa forme occitane il s'écrit ESCHORNHAC et se prononce Echourn'ia.

* Cette chronique est un rendez-vous hebdomadaire de RVB (Radio Vallée Bergerac) diffusé sur 96,3 MHZ à Bergerac et alentours durant la saison 2019-2020.

 

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