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La Dordogne rivière occitane: entre Xaintrie et Grands barrages

par Bernard Stéphan 28 Juillet 2019, 09:47 recherches sur le paysage

Notre Dordogne en haute Corrèze à l'automne.

De la montagne aux causses.- Notre Dordogne va s'enfoncer dans des gorges en quittant l'Auvergne pour aborder le pays des grands barrages et la Xaintrie. C'est encore la Dordogne cristalline. On aborde ce pays sous l'ombre d'une sentinelle, les Tours de Carbonnières et leur légende noire et plus vaste, celle des sept Tours de Merle avec leur légende du veau d'or caché dans les entrailles des forteresses, au surplomb de la rivière Marone.

Les Tours de Merle.

C'est un pays de forêts profondes de feuillus qui habillent les pentes très abruptes des gorges, témoin de la déprise agricole en un siècle. Cette Xaintrie, tirerait son nom d'un certain Saint-Trie, évangélisateur de la contrée. La toponymie renvoie au dialecte auvergnat de l'occitan avec lo chaintrie (pour la borne, la limite, la frontière). Et la frontière est bien marquée avec côté Cantal les fontaines-abreuvoirs en pierre et côté Corrèze les banlèvo, ces puits à balancier aux silhouettes dégingandées de cigognes. Dans le dialecte local on trouve le verbe bonlevar pour basculer, faire la bascule. (Et dans une acception péjorative un banlève est un ivrogne). Il

y a deux Xaintrie : la Xaintrie Blanche et la Xaintrie noire. Dans les maisons paysannes en général, en cuisine, ça sent le menassou (gâteau à base de pommes-de-terre), le tripoux et encore la truffade. Plus tout à fait auvergnate, pas encore tout à fait limousine, ainsi est la Xaintrie. C'est le pays de l'écrivain Denis Tillinac, on navigue sur la rivière avec des gabarots, barques à fonds plats typiques de la vallée. Aujourd'hui quelques grands barrages en barrent le cours : Marèges, l'Aigle, Bort-les-Orgues et le Chastang.

Le château de Val sur une rive du lac du barrage de Bort-les-Orgues.

Jadis on construisait les gabares à Spontour et à Argentat, le grand port de l'amont, avec sa calle immense, on embarquait des carrassonnes pour les vignes du bas-pays, du charbon de bois, des merrains et des fromages descendus des burons du Cantal.

Au fronton de l'abbaye de Beaulieu-sur-Dordogne.

On va passer des toits de lauze aux toits de tuiles. Ainsi en bas-Limousin notre Dordogne arrive à Beaulieu, ici la lumière est telle et le soleil déjà méridional qu'on a appelé ce joli bourg la Riviera corrézienne. On y voit une exceptionnelle abbatiale à l’architecture d'un roman très pur. Beaulieu c'est aussi l'autre pays de la fraise. En occitan la fraise c'est majofa en Quercy ou majossa en langedocien, avec la forme de móusso dans certains coins du Périgord et de mahojo en dialecte gascon que l'on trouve sous la forme de maioussa en provençal, quant à la plante, le fraisier c'est majoufier. On utilise aussi fraga. Beaulieu c'est aussi le terroir des premiers vins de la rivière. Figurez-vous que sur les coteaux, entre Meyssac et Beaulieu, mûrit le vin de paille, vin d'un raisin longuement vieilli sur des claies de bois jusqu'à Noël avant d'en extraire un ultime nectar. Après un dernier tour dans une gabare touristique, vous changerez de paysage. La Dordogne va entrer dans un autre pays, celui des causses.

Sur la Dordogne à Beaulieu.

 

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