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La Dordogne, rivière occitane: à la source

par Bernard Stéphan 18 Juillet 2019, 06:32 recherches sur le paysage

Un torrent sur les pentes du puy de Sancy. Ainsi vient de naître notre Dordogne.

Sur la montagne (1er volet).- C'est là-haut dans le Sancy que naît la Dordogne, de deux ruisseaux qui descendent des pentes du vieux volcan, la Dore et la Dogne. Sancy, par allusion à Saint-Sixte qui fait toujours l'objet d'une procession de pèlerinage jusqu'au sommet. L'étymologie de notre rivière renverrait a deux mots celtiques, Dore pour eau et Dogne pour profond.

Ici on a l'habitude de dire que le Sancy accroche la neige et voit le blanc chacun des mois de l'année. Là-haut au printemps, l'estive se colore du jaune des genêts avant d'adopter la palette dorée des narcisses et en juin elle est ponctuée du blanc des linaigrettes, telle des houppes de coton, balancées au vent, plante typique des tourbières. Les pentes du rocher du Capucin, de la grande Cascade au pied du col de la Croix Morand, du roc de Cuzeau, sont alors ponctuées des troupeaux bigarrés de vaches laitières. Des Montbéliardes à la mode, des ferrandaises, race rustique qui a reconquis le massif et des salers à la robe acajou. On est en zone de production du saint-nectaire fermier, fromage AOP qui dégage des goûts d'herbes fraîches et dit-on de racine de gentiane aux arômes de réglisse.

Le puy de Snacy, des pentes abruptes, ici la silhouette est celle du montagne abrupte, loin de l'image de la montagne à vaches. (Ph. BS)

L'estive est encore parsemée de burons, maisons de pierres qui furent le lieu de vie des familles d'éleveurs (les buronniers), dans les pâturages tant que la mécanisation ne signa pas l'arrêt de mort de la vie saisonnière sur les pacages d'altitude.

Buron, le mot a diverses formes occitanes, ainsi est-il fougal dans le Cantal, mazuc sur le plateau de l'Aubrac, jas (jasserie en français régional) sur les hautes chaumes du Forez, tras sur le Cézallier. Mais tant que les buronniers montaient, toute la ferme d'en-bas participaient à l'estive puisqu'on y conduisait non seulement les vaches, mais aussi les cochons et les couvées de volailles.

La douceur des pâturages de l'estive dans la haute vallée au-dessus de la petite ville thermale du Mont-Dore. (Ph.BS)

La rivière est ici eau vive, elle dévale comme dans la transhumance d'automne, la dévalade (du verbe dévalar) en fait un torrent souvent tempétueux lorsqu'il traverse les deux villes thermales, en bas du Sancy: Le Mont Dore et La Bourboule. La première était appelé jadis « Boin » au sens de « bains du Mont dore ». Ainsi on « montait à Boin » pour aller prendre les bains thermaux. George Sand qui y vint en 1827 écrivait dans une correspondance « Dieu ! Que c'est beau l'établissement des bains du Mont Dore !» D'autres écrivains feront le voyage des eaux pour monter à Boin. Ainsi Balzac ou Marcel Proust en suivant bien sûr le chemin étroit de la haute vallée de la Dordogne.

 

 

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