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Bergerac: 5 / Bergerac et ses écrivains d'oc

par Bernard Stéphan 21 Août 2018, 13:49 Histoire, mémoire vivante

Mots d'Oc/ Ville d'Oc/ Bergerac (5).- Aujourd'hui nous allons feuilleter le Bergerac des auteurs occitans. Débutons avec un texte d'ici et d'ailleurs, le plus vieux poème d'oc (datée du XIè siècle) , la Chanson de Ste Foy, lo cançu de  Santa Fé. Le texte anonyme en vers raconte la vie de la martyre Sainte-Foy.

Lointain aussi le troubadour Salh de Scola qui composa à la fin du XIIè siècle. Il écrivait des « cansounetos » ( mot occitan pour chansonnette que l'on prononce chanchounetou en dialecte limousin). Autre troubadour bergeracois, Elias Fonsalada qui a sévit vers 1180, il composait des rondos chantés.

Le plus célèbre des troubadours bergeracois est Peire de Brageira dont on a pourtant gardé bien peu de chose, seulement un sirventès écrit en 1204. Les sirventès étaient les poèmes chantés au XIIIè siècle.

Grande figure que celle de Jean Beausoleil, dit Soleil. Il naquit le 17 août 1803, rue Notre-Dame-du-Château à Bergerac. Poète populaire il reçut ainsi l'hommage du grand poète occitan Jasmin : « Lou Soule Generous/ I abio prestas soun noum / S'apelabo soulel ! » (Le soleil généreux/ Lui avait prêté son nom. Il s’appelait Soleil ! )

Autre grand nom ; Mery de Bergerac (le pseudonyme de Rémy Desplanches) qui composa des poèmes, collecta des usages dont les « Countes à la fretissa ». Lo fretissa (la fretisse ou frotisse en français régional) désigne ce vieil usage culinaire qui consiste à ailler la croûte d'une tranche de pain, graisser le pain au lard ou à l'huile de noix et le consommer avec une grappe de raisin.

Le docteur Pierre Boissel quant à lui a laissé un recueil intitulé Lou ser al cantou (le soir près du cantou) qui réunit une compilation de textes que l'on disait aux veillées d'antan. 300 de ses poèmes devaient être édités pour la félibrée de Saint-Cyprien en 2018.

Il y a aussi Martial Rouby. Mort en 1981, il composa des poèmes et collecta des contes populaires qu'il réécrivit.

Le cas de Bernard Lesfargues est particulier. C'était un universitaire, un traducteur, érudit et poète, il est mort à 93 ans en février 2018. C’est lui qui traduisit pour la première fois l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa avec son roman publié en 1966 chez Gallimard et intitulé La ville et les chiens. Il fut un militant de nombreuses langues minoritaires. Il écrivit de nombreux textes, souvent bilingues comme cet hommage à Bergerac (1ère strophe) :

Brageirac sus la Dordonha,
Brageirac del mes de mai,
te perdèri per jamai
amb l’amor e la vergonha.

Bergerac, sur la Dordogne, 
Bergerac du mois de mai, 
je te perdis à jamais 
avec l’amour, avec la honte
.

 

Contemporain, l'universitaire Jean-Paul Blot, spécialiste de littérature dont la littérature irlandaise, a publié plusieurs recueils en occitan.

*  Cette chronique est un rendez-vous hebdomadaire de RVB (Radio Vallée Bergerac) diffusé sur 96,3 MHZ à Bergerac et alentours durant la saison 2017-2018.

 

 

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