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Monpazier

par Bernard Stéphan 19 Février 2018, 15:44 Histoire, mémoire vivante

Alignement des façades sur la place carrée au centre de la bastide. (Ph.B.S.)
Depuis les cornières vue sur la vieille halle et le pavage de la place carrée. (Ph.B.S.)

Mots d'Oc, villages d'Oc/ Monpazier.- Nous allons aujourd'hui dans une des plus belles, sinon la plus belle des bastides : Monpazier. Construire sur un plateau, elle domine l'extrême sud du Périgord et le haut-Agenais. Bastide anglaise fondée en 1284, elle a conservé son plan d'origine, un vaste ensemble de maisons d'époque, les portes de la cité, l'église et l'exceptionnelle organisation de sa place centrale, dite place des cornières avec son passage couvert, sa halle et sous la halle, le coin des poids et mesures.

Typique des bastides le passage couvert sous les cornières est ici à Monpazier parfaitement conservé sur tout le tour de la place. (Ph. B.S.)
Dans le coin des poids et mesure ce récipient était la mesure de grains. (Ph. B.S.)

Là comme dans d'autres bastides rencontrées, on va trouver les ruelles étroites et rectilignes, les carreyrou (on renverra au languedocien carreyra et au français régional carrière pour désigner simplement la rue et carreyrou est son diminutif pour désigner l'étroite rue). La cité, au moment de sa construction est divisée en îlots, autant d’îlots que de projets de maisons (avec ou sans cour et jardin), espace appelé ayral (du gascon ayrial ou du languedocien airal, l'aire) ou moulon pour désigner un groupe d’îlots, de l'occitan mouloun (un ensemble). Enfin les petits jardins appelés cazal ou cazalère ( du languedocien casal ou du gascon cazal, le jardin). On trouve le mot casalet ou casalot qui est la cabane de jardin et lo casaliè en limousin ou casalè en gascon qui désigne celui qui habite dans une cabane.

L'église est proche de la place mais n'ouvre pas sur cette place. (Ph. B.S.)
La place et le couvert des cornières sont devenus des lieux d'animations au plus fort de l'été. (Ph. B.S.)

A Monpazier est né Jean Galmot le 2 juin 1879, homme d'affaire, aventurier et écrivain installé en Guyane dont il fut élu député. C'est un personnage à la vie romanesque qui suscitera d'ailleurs l'inspiration de la littérature et du cinéma. L'écrivain Blaise Cendras est venu séjourner à Monpazier pour aller sur les traces de Jean Galmot. Il en tirera le livre intitulé Rhum-l'aventure de Jean Galmot en 1930, quant au cinéaste Alain Maline, il réalisera le film Jean Galmot aventurier, avec l'acteur Christophe Malavoy interprétant le rôle de l'écrivain-député.

L’étymologie de Monpazier renverrait à deux mots d'origine, mont (pour le plateau élevé, et pazier dérivé de patz, la paix). C'est donc le mont de la paix à moins qu'il ne s'agisse du mont apaisé, sécurisé, avec ville fortifiée. Dans sa forme occitane le toponyme s'écrit Mont Pasièr et se prononce [mũmpa’zjɛ] (moum paziè).

* Cette chronique est un rendez-vous hebdomadaire de RVB (Radio Vallée Bergerac) diffusé sur 96,3 MHZ à Bergerac et alentours durant la saison 2017-2018.

La rue médiane centrale donnant sur la porte Saint-Jacques, un soir d'été quand la foule est au rendez-vous. (Ph. B.S.)

 

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