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Molières

par Bernard Stéphan 13 Décembre 2017, 11:02 recherches sur le paysage

Ruines du château fort de Molières. (Ph.BS)

Mots d'oc/ Villages d'oc: Molières.- Aujourd’hui nous faisons halte sur les tertres (ou terme de l'occitan languedocien terme ou en dialecte gascon termi). C'est sur la rive gauche de la Dordogne à Molières. Ce petit bourg est original et riche par son histoire, voilà bien une bastide anglaise fondée en 1284 par le sénéchal du roi d'Angleterre, Jean de Grailly, qui a marqué la création des bastides anglaises dans le sud du Périgord. Le site a laissé quelques traces plus anciennes dont un grand chemin reliant Belvès à Couze par les coteaux et appelé camin ferrat ou chemin ferré, désignant probablement un grand chemin pavé propre au déplacement rapide des animaux ferrés. Le mot cami est la forme du languedocien quand chami est celle du limousin et chamin celle de l'auvergnat.

Au cœur de la bastide, donnant sur la place carrée, ce qui reste des cornières. (Ph. BS)

Le bourg, outre la traditionnelle place carrée propre aux bastides, a gardé une seule maison à cornières (elle s'appuie sur des arcades en ogives brisées) et la maison du Bayle, elle est fermée côté nord par les ruines du château avec, au centre de la cour ce qui fut une tour carrée défensive. L'église fortifiée, de style gothique Plantagenêt, n'est pas située près de la place centrale, contrairement à l'usage dans les bastides. Le bâtiment est très vaste, capable d'accueillir 800 personnes, bien davantage que la bastide n'eut d'habitants. Les vitraux sont assez récents, mais d'une facture magnifique. Réalisés par le maître verrier Henri Feur au XIXè siècle, ils racontent la vie de la Vierge Marie.

Un tiers du territoire de la commune se situe dans la forêt de La Bessède. Cette forêt de 5000 hectares s'étend entre la vallée de la Dordogne, celle de la Couze, les bourgs de Cadouin et Belvès. Ce fut une zone aux nombreux étangs. On y trouve les « raus » (forme occitane très locale de l'occitan « rious », ruisseaux) comme le Raunel, le Ségurel, le Tournier, le Fournier, la Salvetat, le Peyrat… On y a longtemps pratiqué le soutrage (du gascon sostragé), récolte de paillade (de l'occitan payado) ou litière pour les animaux.

Le toponyme Molières offre deux options : premièrement il renverrait à un terroir très humide. Le substantif féminin provençal mouliero, dérivé du latin mollis (mou) désigne un terrain humide où l'on voit sources et mares, typique de l'ancien paysage de la forêt de la Bessède. Deuxièmement Molières peut aussi désigner un endroit où l'on taillait les meules de pierre : une meulière. Dans sa forme occitane il s'écrit Molièras et se prononce [muljɛ’rɒ] (moulièro).

* Cette chronique est un rendez-vous hebdomadaire de RVB (Radio Vallée Bergerac) diffusé sur 96,3 MHZ à Bergerac et alentours durant la saison 2017-2018.

 

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