Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Maison à empilages en Périgord

par Bernard Stéphan 10 Septembre 2018, 15:20 mémoire rurale

La maison à empilage de Sainte-Sabine (Dordogne) est une des rares constructions de la zone édifiée en Périgord. En effet l'aire est essentiellement située dans le Haut-Agenais en Lot-et-Garonne.
La maison à empilage de Sainte-Sabine (Dordogne) est une des rares constructions de la zone édifiée en Périgord. En effet l'aire est essentiellement située dans le Haut-Agenais en Lot-et-Garonne.
La maison à empilage de Sainte-Sabine (Dordogne) est une des rares constructions de la zone édifiée en Périgord. En effet l'aire est essentiellement située dans le Haut-Agenais en Lot-et-Garonne.
La maison à empilage de Sainte-Sabine (Dordogne) est une des rares constructions de la zone édifiée en Périgord. En effet l'aire est essentiellement située dans le Haut-Agenais en Lot-et-Garonne.
La maison à empilage de Sainte-Sabine (Dordogne) est une des rares constructions de la zone édifiée en Périgord. En effet l'aire est essentiellement située dans le Haut-Agenais en Lot-et-Garonne.

La maison à empilage de Sainte-Sabine (Dordogne) est une des rares constructions de la zone édifiée en Périgord. En effet l'aire est essentiellement située dans le Haut-Agenais en Lot-et-Garonne.

Quelques vues de la pièce à vivre avec son immense cheminée et son âtre qui est un espace de 10 m², assez vaste pour recevoir le foyer et les deux cantous pour que puisse s'y loger toute la famille pour s'y réchauffer. (Ph. B.S.)
Quelques vues de la pièce à vivre avec son immense cheminée et son âtre qui est un espace de 10 m², assez vaste pour recevoir le foyer et les deux cantous pour que puisse s'y loger toute la famille pour s'y réchauffer. (Ph. B.S.)
Quelques vues de la pièce à vivre avec son immense cheminée et son âtre qui est un espace de 10 m², assez vaste pour recevoir le foyer et les deux cantous pour que puisse s'y loger toute la famille pour s'y réchauffer. (Ph. B.S.)
Quelques vues de la pièce à vivre avec son immense cheminée et son âtre qui est un espace de 10 m², assez vaste pour recevoir le foyer et les deux cantous pour que puisse s'y loger toute la famille pour s'y réchauffer. (Ph. B.S.)
Quelques vues de la pièce à vivre avec son immense cheminée et son âtre qui est un espace de 10 m², assez vaste pour recevoir le foyer et les deux cantous pour que puisse s'y loger toute la famille pour s'y réchauffer. (Ph. B.S.)
Quelques vues de la pièce à vivre avec son immense cheminée et son âtre qui est un espace de 10 m², assez vaste pour recevoir le foyer et les deux cantous pour que puisse s'y loger toute la famille pour s'y réchauffer. (Ph. B.S.)
Quelques vues de la pièce à vivre avec son immense cheminée et son âtre qui est un espace de 10 m², assez vaste pour recevoir le foyer et les deux cantous pour que puisse s'y loger toute la famille pour s'y réchauffer. (Ph. B.S.)

Quelques vues de la pièce à vivre avec son immense cheminée et son âtre qui est un espace de 10 m², assez vaste pour recevoir le foyer et les deux cantous pour que puisse s'y loger toute la famille pour s'y réchauffer. (Ph. B.S.)

Des isbas en Périgord ?.- (actualisé en novembre 2018) Il existe au sud du Périgord et nord de l'Agenais un petit territoire où on trouve une architecture rare et atypique, les maisons à empilages de poutres de bois ou de madriers. Ces maisons à empilages sont majoritairement situées dans un terroir limité au nord par la vallée du Dropt, à l'est la vallée du Tolzat et au sud la vallée du Lot. La maison à empilages de Sainte-Sabine en sud Dordogne est située un peu plus au nord, à l'écart de cette zone centrale entre Castillonnès et Villeréal. Il est probable que ces maisons sont à l'emplacement d'anciennes forêts.

Un inventaire assez complet rapporté par la revue annuelle Les Amis du Pastourais, dans son n°  43 (2016), en dénombre 99.  

 

Habitations de colons

 

Une hypothèse de travail renverrait à des habitations de colons appelés par les féodaux locaux pour compenser une crise démographique à la fin du XVè siècle. Colons venus probablement du haut-Pays (Limousin, Auvergne, Rouergue) et peut-être plus à l’est encore, en tous les cas de pays forestiers où on pratiquait communément ce type de construction. Ce sont donc les colons qui auraient apporté un savoir-faire de la maison en bois en rupture avec la tradition de la maison en pierre propre aux  terres méridionales.

 La structure est composée d'un système d'empilages de poutres croisées à mi-bois aux angles, le tout posé sur un socle de maçonnerie ou de blocs de pierre. A Sainte-Sabine le bloc d'isolation est en silex. Ces maisons ne sont pas sans rappeler certaines formes d'isbas ainsi que les chalets à empilages de poutres en vallée d'Aoste.

On note une caractéristique des maisons à empilage: les poutres n'ont pas été arasées aux angles, elles débordent.

Les maisons brassières

 

La direction régionale du patrimoine d'Aquitaine date la maison de Sainte-Sabine (photo)  aléatoirement entre les XIVè et XVIIè siècle et en tous les cas postérieure à la Guerre de Cent Ans ! Elle sont souvent appelées "maisons brassières" par allusion semble-t-il à la maison faite par les brassiers, ces commis des champs qui les auraient construites de leurs bras à heures perdues.

Elles sont à peu près datée pour certaines du début du XVIè siècle et pour une plus grande part du début du XVIIè.

Leur construction répond à plusieurs principes. Ces  principes sont ainsi précisés  dans l'article de la revue Les Amis du Pastourais (n°43, 2016): "Ces maisons obéissent à "une règle des trois unités" probablement liées entre elles: unité architecturale (mode opératoire de construction très homogène), unité de temps, durant environ 30 ans entre 1600 et 1630 et unité de lieu ou presque, essentiellement localisées sur un trapèze de 25 x 45 allant  à sa base de Laparade à Casseneuil puis vers Villeréal jusqu'à Saint-Sabine en Dordogne et de là, revenant tout droit vers Puymiclan puis vers Laparade, soit 90 constructions groupées sur les 100 listés."

 

Colons venus des montagnes

 

Jean Cornet, Nicole Vales et Jean-René Trochet ont étudié ces implantations. Selon eux elles seraient d'abord le résultat d'un repeuplement du Périgord après la longue période d'hémorragie démographique due à la succession du petit âge glacière du début du XIVè siècle qui entraîne chute des récoltes et disettes, de la guerre de Cent Ans, des épidémies de peste (tous les 15 ans en moyenne entre 1348 et 1484). Dans la seconde moitié du XVè siècle les campagnes du Périgord sont dépeuplées, la friche et la forêt ont gagné. C'est à partir de 1455 que la noblesse notamment appuyée par les villes, va engager une campagne de repeuplement en allant chercher des migrants pour en faire des colons. La nouvelle main d'oeuvre est attirée par des lots de terre et quelques privilèges afférant dont des exemptions fiscales et de corvées. Il y aura un mouvement de colons venus du Limousin, suivra une population venant de terres proches, du Quercy, du Rouergue et d'Auvergne. La majorité arrive de hautes terres froides du Massif central. On peut donc légitimement émettre l'hypothèse suivante; les constructeurs des maisons en bois sont des bûcherons de la montagne.

Il va y avoir un vrai mouvement de reconquête des terres, de recul de la forêt et un premier âge de la démographie forte, c'est l'extrême fin du XVè siècle et le début du XVIè. Mais finalement c'est la volonté de préserver les forêts par la noblesse qui va mettre un frein à cette croissance. Et viendra la peste de 1522 qui stoppera cet âge d'or du Périgord. 

 

Des maisons fortes

 

Il serait utile d'établir le lien architectural entre le paysage à l'origine de la construction, les métiers des bâtisseurs et l'usage. Existe-t-il un corpus des maisons à empilage en Haut-Agenais et sud-Périgord ?

La revue Les Amis du Pastourais (n°43, 2016) rapporte les travaux de M Blanc, conservateur du musée de Duras  qui émet une autre hypothèse.    "(...) ce serait un apport des Vaudois qui, fuyant le Dauphiné et les persécutions de François 1er, auraient émigré dans la région de Duras (...)"

Et il complète cette hypothèse sur l'origine des constructions  par une seconde hypothèse sur la fonction de ces maisons: "Si à l'époque, le robuste et onéreux empilage a été préféré au colombage qui demande moins de matériaux et de main  d'oeuvre, c'est pour une raison déterminée. Si les ouvertures sont aussi exiguës et ressemblent à des meurtrières, c'set aussi pour une raison déterminée, la sécurité: il  fallait se  protéger contre les agresseurs. La maison à empilage est une maison forte, à vocation défensive."

 

Les maisons à troncs couchés du Bourbonnais

 J'ai aussi découvert que les bacus ou cabioles de la forêt de Tronçais en Bourbonnais, aux limites du Berry, étaient des maisons à empilages. Dans la mémoire locale des gens de Tronçais, on se souvient d'une maison à empilage qui existait à Saint-Bonnet-de-Tronçais et qui fut détruite en 1935. Il y aurait sur le massif forestier quatre maisons de ce type sur les communes d'Isle et de Bardais. On a mis en évidence récemment une maison de ce type, rénovée, sur la commune de Thionne (Allier), dans le Bourbonnais. Cette maison est appelée  ici "maison à troncs couchés". Elle est construite selon le même principe que nos maisons à empilages du sud du Périgord. Le journal La Montagne (26 novembre 2018) a consacré un reportage à la restauration de cette maison.

 

(Photos Rolande Loisèle, Blog: ABC Dordogne Espérance).

 

* De nombreux éléments de cet articles sont extraits des travaux de la revue  Les Amis du Pastourais, réalisés par le Comité d'Etudes Historiques et Archéologiques de Saint-Pastour (47.290). Plusieurs publications sont en vente. Renseignements sur le site de l'association: www.lesamisdupastourais.com

Maison à empilages en Périgord
Maison à empilages en Périgord
Maison à empilages en Périgord
Maison à empilages en Périgord
Maison à empilages en Périgord
Maison à empilages en Périgord
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

rolande 05/09/2015 16:12

Merci pour les éléments fournis ..... et merci encore pour la découverte et la promenade
cordialement

Haut de page