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Periberry

Ethnologie, Berry, Périgord, Auvergne, Bergerac, Dordogne, Loire, tradition orale, mémoire paysanne, recherche sur le paysage, randonnées pédestres en Auvergne et Pyrénées, contes et légendes, Histoire.

La Saint-Jean d'été en Périgord, Auvergne, Berry

Les mots de la Saint-Jean.- (actualisé en juin 2017) Il s'agit des mots de la saint-Jean, la saint-Jean d’été, le 24 juin, qui dans les sociétés rurales traditionnelles marquait symboliquement l’entrée dans les travaux d’été par une fête rituelle. C’est la nuit du feu, lo fue ou fuc en gascon ou fuè en sud Dordogne.

 Je passe sur le bûcher et le lieu choisi pour le dresser. Il devait se voir de loin et permettre aux feux, dans la nuit, de se répondre d’un village l’autre. Il y avait comme un écho des feux.

Le feu devait luzir, du verbe luzir, briller dans la nuit. Un des temps forts ritualisé autour du feu était l’échaudage des herbes de la saint-Jean. Les herbes de la saint Jean culide (du verbe culir) , étaient cueillies à l’aube ou la veille, elles étaient apportées près du brasier et chauffées aux flammes. L'auteur périgourdin Georges Rocal dans ses « Vieilles coutumes » situe la cueillette « à la première pointe de l’aube vers une heure et demi le matin du 23 juin ». Il donne des variantes. C’est ainsi que dans certaines paroisses on ramassait cinq herbes, dans d’autres c’était vingt-quatre herbes différentes. L’armoise figure toujours dans la collection. Variante d’un terroir à l’autre, les herbes de la saint Jean sont dans ce coin du Périgord la camomille, le fenouil, le tilleul, l’armoise, le mille-pertuis, le bouillon blanc, l’oseille sauvage, l’arnica, etc. De toutes ces plantes ont faisait des bouquets que l’on enfumait à la chaleur du feu et que l’on suspendrait dans les granges, les étables, les poulaillers, les clapiers, avec vertus sanitaires et prophylactiques. J’ai par ailleurs observé l’intégration du noyer dans ces plantes, ce n’est pas un herbe à proprement parlé, mais son usage est multiple.

 Plusieurs enquêteurs évoquent les danses des groupes de jeunesse autour du feu et le saute feu lorsque le brasier décline. C’est à celui qui sera le meilleur sautaïre, celui qui sautera sans toucher braises ou tisons. On parlait aussi d’un sautarel pour un enfant qui aimait sauter. Le feu ayant un caractère magique ou hygiénique, le sauter promettait une belle année. En Périgord Noir les maîtresses de maison emportaient un tisoun, (tison) elles le  déposaient dans l’âtre, il finirait de  brûler là paré de quelques vertus ou frappé de quelques superstitions. Il y a une force magique du tison de la Saint-Jean au solstice d’été qui renvoie à la force magique de la bûche de Noël au solstice d’hiver.

 Le feu de la Saint-Jean dans son acception rurale n’était pas seulement un moment festif, mais il faut le percevoir comme un rituel social fort. Il intervient avant les grands travaux d’été qui, jusqu’à la grande mécanisation des campagnes, débutaient après le solstice (fenaisons, moissons, battages). Le feu  de la Saint-Jean a longtemps été concomitant de la fête de la louée d’été, la louade dite aussi louage. Temps fort du recrutement des commis, domestiques, faucheurs, bergers, vachers de la longue période d’été. Si la Saint-Jean a été aujourd’hui requalifiée en loisir festif d’un soir des beaux jours, elle a longtemps été un temps fort des relations sociales dans la société rurale. 

Le feu de la saint-Jean a longtemps été un rite social de retrouvailles des communautés paysannes  avant les grands travaux d'été.
Le feu de la saint-Jean a longtemps été un rite social de retrouvailles des communautés paysannes  avant les grands travaux d'été.

Le feu de la saint-Jean a longtemps été un rite social de retrouvailles des communautés paysannes avant les grands travaux d'été.

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